« Le calepin avait repris le dessus » : la 2e tentative de Fermeture Bâtiment Concept

- Métier : Fabrication et pose de menuiserie aluminium
- Localisation : Secteur du Havre, rayonnement Normandie
- Collaborateurs : une trentaine, répartis entre le bureau d'études, l'atelier et les équipes de pose
- Dirigeant : Jérôme Boivin (entreprise créée en 2007, reprise en 2021)
- Client Benetics AI depuis : octobre 2025
- Site web : fbc-aluminium.fr

Grandir, c'est changer de standards
Quand Jérôme Boivin intègre l'entreprise familiale en 2019, elle compte une vingtaine de personnes et fonctionne comme beaucoup d'entreprises du bâtiment de cette taille : un conducteur de travaux, un chargé d'affaires qui passe sur les chantiers et qui note sur son calepin les interventions à programmer.
En quelques années, la typologie des chantiers change. L'entreprise se positionne auprès des entreprises générales du bâtiment, sur des projets de bien plus grande ampleur.
« Qui dit plus grosse ampleur dit qu'il y a des équipes sur place en permanence, avec des réunions, avec des comptes rendus. Il a fallu adapter notre manière de travailler pour suivre le rythme et être de plus en plus crédible auprès de ces entreprises. »
Ce que réclament ces clients n'est pas seulement de la qualité de pose. C'est de l'information disponible, tout le temps, pour tout le monde.
« Il faut que toute l'entreprise soit au courant de ce qui se passe sur leur chantier. On ne peut pas se permettre de dire : ce chantier-là, c'est monsieur X qui s'en occupe, et tous les autres ne sont pas au courant. »
S'ajoute une contrainte propre aux entreprises qui fabriquent ce qu'elles posent : un maillon supplémentaire dans la chaîne. Avant de dire que la menuiserie est prête à poser, il faut dire qu'elle est prête à être fabriquée, puis mise à disposition à telle date. Le phasage doit tenir du bureau d'études jusqu'à l'atelier.
La première application n'a pas tenu deux mois
Avant la rencontre avec Benetics AI, l'entreprise avait déjà testé une application de gestion de chantier sur deux équipes. Une application très complète. Trop.
« Elle était très complète, mais du coup très complexe aussi. Ça fonctionnait quinze jours, un mois, deux mois, et finalement le calepin a vite repris le dessus sur la tablette. »
Le problème n'était pas la conviction des équipes, mais l'outil.
« J'avais des gens qui étaient convaincus que ça allait nous apporter une aide, mais pas convaincus par le module. Donc il fallait tout de suite réembrayer pour ne pas les perdre. »
C'est le vrai coût d'une première tentative ratée : elle n'échoue pas seulement, elle rend la suivante plus difficile.
Deux jours pour convaincre la moitié de l'équipe
La rencontre a lieu sur Artibat, à Rennes, en octobre 2025. Ce qui décide Jérôme Boivin n'est pas la richesse fonctionnelle, c'est l'inverse : un outil complet, mais simple à utiliser.
L'accueil des équipes commence par de la méfiance, ce qui est logique après l'épisode précédent : « il va encore nous faire essayer un truc, on n'y arrivera peut-être pas ».
« Au bout du deuxième jour, la moitié m'a dit : c'est bon, c'est carrément bien. À partir de là, même sans grosse formation, quand on a cette approbation des équipes, on peut être sûr que les trois quarts du chemin sont faits. »
Il reste vigilant sur un point, et le dit franchement : le naturel revient au galop, le calepin est toujours plus accessible que la tablette à côté de la caisse à outils. L'enjeu n'est pas l'adoption initiale, c'est de continuer à alimenter l'outil.
La plus-value se joue sur le dernier kilomètre
Premier constat de l'année : documenter un chantier de A à Z, dès la phase d'étude, n'apporte pas grand-chose.
« Le démarrage se passe toujours bien. La phase du milieu se passe bien. Dès qu'on arrive vers la date limite de réception, c'est là qu'il y a des petits mouvements de panique. Et c'est là que la grosse plus-value de l'application arrive. »
Fin de chantier, pré-réceptions, réserves, SAV, entretien. C'est là que l'information se perd, et c'est là qu'elle coûte le plus cher.
3 mm d'habillage, une seule intervention
L'exemple qu'il donne est volontairement banal. Sur une baie, le client demande de recaler un habillage de trois millimètres. Deux équipes se succèdent : celle qui pose les châssis pour fermer le bâtiment au plus vite, puis les finisseurs.
« On prend la baie en photo, on dit : celle-ci, il faut recaler l'habillage de 3 mm. Il y a la photo, la tâche, l'équipe est au courant, on sait que c'est fait et on peut le justifier au client. »

Avec une tâche assignée et localisée, l'information ne dépend plus du carnet de notes.
« Avant, j'avais une perte d'information. Le calepin, l'équipe qui note, qui gribouille, il pleut, ça coule, ça ne ressemble plus à rien, et finalement on y retourne trois fois pour faire une seule chose. Maintenant, on y va une fois, c'est fait, justifié et validé par le client. »
Traduit en euros, le calcul est simple à faire pour un dirigeant : « plutôt que de me payer trois déplacements pour faire une seule chose, je le fais en une seule fois ».
Il donne un ordre de grandeur sur un seul incident évité : au lieu de mobiliser un conducteur de travaux pour un aller-retour plus une heure sur place, l'information circule directement. Deux heures récupérées, dont deux heures passées à produire autre chose.
L'atelier en profite aussi. Le chef d'atelier a accès aux mêmes informations et envoie directement son croquis de pliage, au lieu de remonter le soir avec un post-it qu'il peut oublier ou perdre.
Le rapport, c'est la preuve
Il aurait pu ouvrir des accès à ses clients. Il a choisi autre chose : travailler proprement en interne, puis exporter le rapport.
« Les paroles partent, les écrits restent. On envoie le rapport, on a justifié qu'on l'a fait, il n'y a plus de sujet. »
Pour les clients qui ne passent pas sur site deux ou trois fois par semaine, c'est aussi la démonstration qu'il se passe quelque chose : des photos, des tâches, un suivi daté.
L'effet sur l'image
Il y a un bénéfice qu'il n'attendait pas, et qui n'apparaît sur aucune facture.
« On se démarque un peu des autres. On met des choses en place, on vit avec notre temps, on apporte du service. Demain, je suis convaincu que ce sera un élément différenciant pour obtenir des marchés. »
Le retour est venu de l'extérieur : lors d'un événement professionnel réunissant des entreprises de menuiserie et de miroiterie, plusieurs participants décrivaient spontanément Fermeture Bâtiment Concept comme une entreprise moderne, structurée.
Le bilan, un an après
« Une intégration très facile de l'application, qui a été extrêmement bien prise. On a d'ailleurs développé le nombre d'utilisateurs dans l'année. Elle nous apporte vraiment un gain de temps et un bénéfice sur le suivi et la transmission de l'information. On est très content de cette première année. »
Il note aussi que l'application continue d'évoluer : « ce n'est pas juste une application qui a été mise en route et qui vit sur ses acquis ».
Sur le coût, son verdict est net : « les dizaines d'euros qu'on dépense par mois pour un utilisateur sont très vite justifiées, et elles sont quasiment nulles à la fin ».
Son regard sur le métier
Jérôme Boivin estime que la menuiserie aluminium est en retard par rapport à d'autres corps d'état, et que le rattrapage n'est plus une option.
« On est à un tiers de ce qu'on pourrait faire en numérique dans le bâtiment, j'en suis relativement convaincu. »
« L'outil numérique, c'est forcément l'avenir. Mais ce n'est même pas l'avenir, c'est le présent. Il faut arrêter de parler d'avenir. »
Et pour ceux qui attendent encore : « il faut s'y mettre, parce que les outils ne vont pas nous attendre ».
Conclusion
Chez Fermeture Bâtiment Concept, la bascule ne s'est pas jouée sur le nombre de fonctions, mais sur ce que les équipes acceptent d'utiliser tous les jours. Le suivi de fin de chantier, longtemps le point faible, est devenu un argument auprès des entreprises générales.
« Il faut s'y mettre, parce que les outils ne vont pas nous attendre. »
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